Connaissez-vous le street golf ?

Sur les pavés, le bitume, le sable ou l’herbe, le golf de rue est un formidable moyen de réinvestir la ville. Reportage.

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Mathieu, street golfeur à Paris et membre de l’association « Le 19e trou ». (C.C. – Le Nouvel Observateur)

 

Ne vous y trompez pas. En plein 13e arrondissement, Mathieu n’a pas perdu son chemin en quête d’un éventuel green à Paris. L’homme au look de skater a la rue comme terrain de jeu. Il ne recherche d’ailleurs pas de trous mais des cibles. Et le mobilier urbain est une source inépuisable. Mettre la balle dans une poubelle, la tamponner à un arbre ou la plonger dans une fontaine sont autant d’objectifs conformes aux règles. Comme au golf, il s’agit d’atteindre la cible en moins de coups possibles.

Malgré des associations comme « Le 19e trou », présente sur le terrain depuis 10 ans et dont est membre Mathieu, le street golf ou « offgolf » reste méconnu du grand public. Il est à l’honneur de la manifestation « Sports, à vous de jouer », organisée tout l’été par le Pavillon de l’Arsenal, aux côtés du tennis, du BMX ou du foot à 5. Autant de disciplines à prendre possession de la ville.

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Une règle essentielle : frapper le sol

Mathieu est un ancien golfeur passé au street, las de transporter son sac de 10 kg et sa série complète de clubs dans les transports en communs. Il a réduit son équipement à 2 fers et quelques balles semi-rigides, rassurez-vous, fluos qui plus est. Pour d’autres, il s’agit avec le street de s’initier au swing avant d’investir le gazon. « Cela met tout le monde au même niveau car les pros doivent revoir leurs gestes. Contrairement à l’herbe où la balle est surélevée, sur béton il ne faut pas hésiter à venir frapper le sol. » D’où l’état de ses clubs qu’il recommande donc d’acheter d’occasion…

Le street golf est davantage un jeu d’approche, la balle est envoyée à 100 mètres, 150 tout au plus. Ses adeptes ont donc toujours un œil sur les passants et les voitures. Ils s’imaginent également un périmètre de sécurité autour d’eux, en prenant la distance du bras et du club. « En dix ans, nous n’avons brisé qu’une seule vitre, confie Mathieu. C’était du simple vitrage aussi… Mais nous l’avons remboursée à son propriétaire. »

Les parcs pour multiplier les sensations

L’une des meilleures options est l’enceinte des parcs qui permet également d’évoluer sur plusieurs surfaces : bois, graviers, bitume… Du coup, les street golfeurs sont de formidables topographes. « A Paris, on ne trouve pas beaucoup de pavés dans la ville, alors qu’il y en a beaucoup à Lille. Nous sommes aussi très sensibles au relief : Strasbourg est une ville plate, contrairement à Morlaix. »

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« On redécouvre la ville »

Les connaissances de Mathieu s’enrichissent au gré des compétitions organisées en France et tout au long de l’année. La discipline compte un championnat impliquant une trentaine d’équipes dont trois basées à Paris. « Quand je sors en balade, je regarde partout. Le street golf permet donc de redécouvrir sa ville et son quartier… On connait également tous les jours de ramassage des poubelles, une de nos cibles préférées. »

Et pourquoi pas le toit d’un immeuble ? « Avec l’accord de la copropriété bien sûr, rappelle Mathieu. Une expérience très intéressante avec la hauteur et la distance ». Parmi les meilleurs spots selon l’as du repérage : les Berges de Seine, la Défense, les Moulins de Paris, Montmartre, Châtelet ou la BNF, mais pas sur le parvis de la bibliothèque puisque propriété privée.

« Une de ces considérations que nous avons appris à intégrer. A nos débuts, nous nous faisions régulièrement rappelés à l’ordre par la police. Surtout que le club de golf est considéré après 20h comme une arme blanche. Il faut donc le ranger dans un sac. Ce serait dommage de passer outre car le street golf est parfait en after work. »

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Article original ici.

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Travailler son petit jeu en hiver… Un article de Alyette Debray-Maudy

L’ex-joueur du Circuit européen Christian Cévaër nous livre quelques astuces pour peaufiner son entraînement autour du green. Progrès garantis dès les beaux jours.

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(Crédit : FRANCOIS BOUCHON/LE FIGARO)

Le froid, le vent, la pluie éloignent la plupart des joueurs des fair­ways et bien plus encore du putting green. Pour se maintenir en forme, on se contente souvent de taper un ou deux seaux le week-end. Pourtant, l’hiver est le moment idéal pour améliorer son petit jeu qui, rappelons-le, représente quasiment la moitié des points sur la carte de score. « Même si les greens sont moins bons, il faut ­profiter de cette trêve pour consolider ce compartiment du jeu, explique le coach Christian Cévaër. Ne soyez pas trop exigeant sur les performances, mais prenez le temps d’améliorer votre technique, vos dosages et votre routine. ­Démarrez votre entraînement par une bonne leçon avec un pro et posez-vous ensemble les bonnes questions : ­comment choisir le bon club, comment déterminer les coups adaptés à chaque situation ? »
Une fois votre programme d’entraînement établi, à vous de jouer. Pour vous aider, voici trois exercices de putting et de chipping adaptés aux conditions de jeu hivernales et préconisés par le champion français pour gagner en confiance et en régularité.

Putting hivernal : visez au-delà du trou
Sur des greens plus irréguliers et lents qu’en été, il est conseillé de privilégier les putts courts. Christian Cévaër ­préconise de travailler ceux d’un mètre ou moins, dit « de finition ». « En se mettant proche du trou, la probabilité de rentrer est plus forte. Vous pouvez donc vous concentrer sur votre routine de préparation pour emmagasiner de la confiance, ajoute-t-il. Concrètement, cela passe par environ 20 secondes pour lire la pente et 10 secondes pour se ­placer et putter. » Généralement, pour ne plus rester court, visez au-delà du trou.
L’exercice
Comme les greens sont plus lents, il faut imaginer le trou plus loin qu’il n’est. Placez un repère visuel, tel un disque de couleur, matérialisant une cible imaginaire au-delà du trou, ainsi que trois tees plantés sur son bord arrière. Concentrez-vous alors sur ce point, prenez moins de pente qu’à la belle saison et soyez agressif pour mettre la balle au fond du trou (elle doit toucher les tees plantés derrière). Ajoutez également trois tees à l’adresse : l’un au niveau de la balle, l’un au niveau de la montée et un autre au niveau de la traversée. Il faut compter une amplitude d’environ 40 % pour la montée et 60 % pour la traversée. Ces repères vous aideront à avoir une accélération progressive dans la balle pour bien la faire rouler.
L’astuce
Pour recréer une roule plus proche d’un green d’été, choisissez de préférence des putts en descente. En hiver, on ne tape pas forcément plus fort, on augmente l’amplitude du balancier en gardant son rythme habituel.

Approche antigratte : faites glisser la semelle du club
En hiver, terrain gras rime bien ­souvent avec gratte… « Pour éviter que la semelle du club ne vienne se planter dans le sol, il faut apprendre à jouer avec le bounce du club, traduisez : le ­rebond de sa semelle », conseille ­Christian Cévaër.
L’exercice
Faites une série de swings d’essai, en veillant à garder les poignets relativement passifs et à respecter le transfert de poids et le pivot. Repérez ensuite la trace laissée par votre club sur le sol. Ce point – qui doit se situer au milieu du stance – est l’endroit où la semelle de votre club glisse le mieux. Pour s’entraîner à l’approche roulée, posez une balle au niveau du début de la trace, ce qui assurera un meilleur contact de balle. Vos approches deviendront plus faciles à exécuter et plus consistantes.
L’astuce
Pour les coups roulés au bord de green, vous pouvez remplacer votre fer 7 ou 8 par un hybride, dont la semelle large glisse bien sur le sol. Vous pouvez le jouer comme un chip roulé, voire comme un putt.

Au chipping : privilégiez la roule
Sur des greens humides et mous, la balle pitch plus et s’arrête net. Les coups aux sand-wedges laissent souvent les balles courtes du trou. « Durant cette période, il faut apprendre à chipper avec moins de loft, explique notre coach. Au final, c’est comme au grand jeu : la balle pitchant plus et volant moins du fait des basses températures et de l’humidité, il ne faut pas hésiter à prendre un club plus fermé. »
L’exercice
Autour du green, là où vous auriez habituellement joué un sand-wedge, choisissez un pitching-wedge ou un fer 9 et réduisez votre amplitude de swing. Posez trois clubs ou baguettes au sol pour former un carré représentant le point de chute de la balle et tapez des séries de 10 balles en veillant à tomber dans cette zone. Cette méthode a trois avantages : la retombée de balle est plus proche du joueur, donc plus facilement atteignable ; le contact avec la balle est meilleur et plus sûr car il se fait sur l’arrière et non en dessous ; le pitch moins vertical de la balle est moins sensible à l’humidité et à l’éventuelle mauvaise qualité des greens.
L’astuce
Pour rendre cette séance d’entraînement plus ludique, lancez-vous des challenges : un club contre un autre, par exemple, c’est-à-dire jouez le même trou avec un lobber (balle portée) et un fer 9 (roulée), et voyez qui l’emporte. Autre possibilité : choisissez neuf situations de jeu, prenez deux balles et scorez (chip & putt) avec celle qui est la plus loin du trou et ensuite avec la plus proche, l’objectif étant d’avoir le moins de différence entre les deux résultats.

Un article du Figaro à retrouver ici.